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L’Internationale Situationniste (1957-1972)
Un Bauhaus imaginiste
Heinz Stahlhut, le 14 mai 2007
King Mob Echo, 1968_Serge Veignant_Londres_UK
King Mob Echo, 1968_Serge Veignant_Londres_UK
 
L’INTERNATIONALE LETTRISTE

Le but proclamé de cette fraction secrète, fondée en 1952 par Guy Debord et Gil Wolman au sein du mouvement lettriste et précurseur immédiat de l’IS, était de canaliser les actions anarchistes et chaotiques des Lettristes individualistes et de leur conférer une signification plus politique. Le groupe, qui se concevait comme une alternative au socialisme bureaucratique, refusait toute œuvre achevée, tout travail ; il revendiquait la liberté, dans son acception la plus violente, et dénonçait toutes les formes de morale.

De façon comparable, en termes d’esthétique, Debord poussa à son paroxysme la décomposition lettriste au cinéma et opposa au « spectacle » de la société moderne la provocation de la monotonie. Seules les réactions choquées des spectateurs, livrés à eux-mêmes et à leur propre potentiel d’action, devaient constituer la bande-son des films de Debord.


Jean-Louis Brau, 1950_Serge Veignant_Paris_France
Jean-Louis Brau, 1950_Serge Veignant_Paris_France
 
L’INTERNATIONALE SITUATIONNISTE

C’est l’ensemble de ces idées qui nourrit l’« Internationale Situationniste », fondée en 1957 lors d’une rencontre internationale des délégués de différents mouvements d’avant-garde. Cette Internationale était constituée de groupuscules de nationalités diverses, tous aspirant à transformer la réalité sociale par le biais de concepts esthétiques et d’une pratique conséquente : outre les représentants de l’IL, on retrouve aussi ceux de CoBrA et du « Mouvement international pour un Bauhaus imaginiste » qui avait vu le jour en Italie. Ces révolutionnaires avant-gardistes furent fédérés avant tout par Debord et Jorn.

Leur travail théorique consistait essentiellement à exposer, en mêlant sérieux révolutionnaire radical et (auto-) ironie profonde, des thèses subversives et une critique de la société. Toutes les limites normatives de la confrontation politique établie étaient transgressées et les structures en place profondément contrariées. Cette violation consciente des règles qui avaient cours jusque-là dans le « business » culturel ne tarda pas à revêtir le caractère de la subversion politique et influença considérablement les événements de Strasbourg de 1966 et les mouvements contestataires de 1968.

LE SPECTACLE

La critique de l’IS, sous Debord, s’en prend à la notion de « spectacle » - non plus, en premier lieu, à l’aliénation par le travail, mais à la colonisation du temps libre et à la médiatisation totalitaire de l’univers individuel. L’IS propagea donc l’idée qu’il fallait abolir l’art en tant que tel pour le transposer en « vie libre ». Car l’art, selon l’IS, fait partie de ce « spectacle » qui réduit l’homme à un consommateur passif, qui lui fait miroiter le bonheur et l’aventure tout en le confinant dans l’ennui du quotidien. Cette abolition de l’art revenait en premier lieu à abolir toutes les formes de représentation. Ainsi seulement, la promesse de bonheur contenue dans l’art pourrait se concrétiser dans la vie de tous les jours. Les modes de contestation issus de l’avant-garde depuis la Première Guerre mondiale devaient enfin révéler leur potentiel révolutionnaire.


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