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Gerhard STEIDL : L’art du livre + Impressions en continu
Gerhard STEIDL
L’art du livre + Impressions en continu
Marie-Claire Mermoud, le 4 janvier 2010
Depuis son invention, la photographie s’expose sur les murs et dans les livres. Objet séduisant par son graphisme et ses images, le livre de photographie peut être acquis par tout un chacun, emporté n’importe où et lu n’importe quand. Il renvoie à une expérience intime – l’objet que l’on ouvre, que l’on feuillette, que l’on lit. A l’ère du numérique, le livre demeure une source d’information importante sur l’histoire du médium et de ses développements, sur les travaux des grands photographes et ceux de créateurs passionnés qui se sont engagés dans leurs publications. Qu’il soit fabriqué de manière artisanale ou issu des dernières technologies, un livre est le résultat de décisions qui ne changent pas avec le temps: choix de contenu visuel et textuel, de couverture, de format, de mise en pages, de papier, de reliure, de type d’impression, etc. Ces différents éléments doivent s’articuler avec cohérence. Ensemble, ils contribuent à la séduction de l’objet.


Gerhard Steidl/Koto Bolofo, graphiste de
Gerhard Steidl/Koto Bolofo, graphiste de "Steidlville"© 2009, Koto Bolofo
 
À l’aube du XXIe siècle, Gerhard Steidl est incontestablement l’imprimeur et l’éditeur le plus prolifique de livres de photographie: un ouvrage sort chaque jour de «Steidlville», à Göttingen, sa ville natale en Allemagne. Son fief – à la fois maison d’édition, imprimerie, studio de graphistes et de spécialistes de la reproduction – a également la réputation de loger les artistes les plus prestigieux de notre époque, tous attirés par la qualité des livres qui y sont produits. Les publications de Steidl, que Le Monde a surnommé «l’éditeur haute couture», sont de beaux objets. L’éditeur-imprimeur – réunis, les deux métiers font sa force – se soucie davantage de la qualité que du rendement. Il assure qu’il n’y a pas un livre de la maison dont il n’ait pas contrôlé le papier, la couverture ou le tirage.

«Impressions en continu» célèbre le livre de photographie dans tous ses aspects, de l’objet dont rêve tout artiste à l’ouvrage livré par l’imprimerie. Le Musée de l’Elysée a invité Raymond Depardon, Jim Dine, Robert Frank, Roni Horn, Karl Lagerfeld, Ed Ruscha, Jürgen Teller, Deborah Turbeville et Jeff Wall, parmi de nombreux autres photographes confirmés, à dévoiler les coulisses de la fabrication d’un livre. Ils exposent pour la première fois au public leurs esquisses et maquettes, leurs essais de couverture, de typographie et de papier, ainsi que leurs souvenirs de «Steidlville». Tous s’accordent à dire que faire un livre avec Gerhard Steidl, revient à réaliser une idée sans la moindre concession. L’exposition, qui présente cette synergie créatrice, est aussi une invitation à découvrir, feuilleter, sentir et toucher la page imprimée.


Gerhard Steidl/Karl Lagerfeld © 2008, Steidl
Gerhard Steidl/Karl Lagerfeld © 2008, Steidl
 
Selon son entourage, Gerhard Steidl est si intéressé par son métier d’imprimeur qu’il discute même de la relation entre le papier et l’encre! A l’âge de 17 ans déjà, il avait installé une presse dans son garage. Né à Göttingen en 1950, Steidl a eu la chance de fréquenter Joseph Beuys. Cette collaboration, qui s’étend entre 1972 et 1986, l’a encouragé à penser l’imprimé comme une forme d’art. Il réalise alors des sérigraphies, des lithographies et des impressions offset, marqué qu’il est par les écrits du philosophe Walter Benjamin, qui annonçait, dans les années 1930, l’époque où l’oeuvre d’art allait être conçue pour être reproductible. En 1972, Steidl se lance dans l’édition avec Befragung der Documenta, un livre réalisé dans l’arrière-cour de la maison de Göttingen avec l’artiste Klaus Staeck, son ami et mentor. Engagé à gauche, il se sert de son imprimerie pour publier des essais politiques. Dix ans plus tard, il inclut à son catalogue des oeuvres littéraires. En 1986, il propose à l’écrivain Günter Grass de publier les dessins qui accompagnent ses manuscrits.

Cette formule porte ses fruits puisque la collaboration entre l’éditeur et l’écrivain aboutit en 1993 à l’acquisition des droits mondiaux du Prix Nobel de littérature. Aujourd’hui, Grass visite régulièrement Steidl, qui diffuse ses livres dans plus de cinquante langues.


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