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Daphne Odjig
Pow-wow à Wikwemikong
Marie Lugli, le 6 août 2018
Daphne Odjig 2/Rebirth of a Culture, 1979_McMichael Art Canadian Klienburg, Ontario_Donation of James Hubbard and Dennis Jones for the memory of Estella & Stuart Wright
Daphne Odjig 2/Rebirth of a Culture, 1979_McMichael Art Canadian Klienburg, Ontario_Donation of James Hubbard and Dennis Jones for the memory of Estella & Stuart Wright
 
Nos familles

Les sept œuvres du groupe Nos familles révèlent que le travail de l’artiste s’enracine dans la profonde affection qui l’unit à sa famille et dans les valeurs qui lui ont été inculquées par la petite communauté de Wikwemikong. Deux femmes à leur courtepointe (1982), œuvre clé de ce groupe, dépeint l’action métaphorique et collective qui consiste à rassembler les fragments de couleurs et de formes ainsi que les actes réciproques de parole, de transmission et de rapprochement qui sont fondamentaux pour la reconstruction d’un peuple.

La vie de l’artiste

La démarche d’Odjig s’est toujours faite dans un esprit d’expérimentation et cette section évoque les influences et défis auxquels elle a dû faire face en tant qu’Autochtone vivant dans une culture dominante non autochtone. Ces œuvres illustrent le combat de l’artiste et son triomphe sur les tentatives de la société de coloniser et d’assujettir l’esprit et la créativité inhérents à son travail.


Daphne Odjig 2/Spiritual Renewal, 1984_Collection du Musée et du Centre artistique de l’Université Laurentienne, Université Laurentienne
Daphne Odjig 2/Spiritual Renewal, 1984_Collection du Musée et du Centre artistique de l’Université Laurentienne, Université Laurentienne
 
Bio_Express

Née en 1919 d’un père odawa et d’une mère britannique dans la réserve Wikwemikong sur l’île Manitoulin (Ontario), Odjig commence sa formation artistique à 13 ans lorsqu’un accès de fièvre rhumatismale interrompt sa scolarité. En convalescence à la maison, son grand-père Jonas, sculpteur sur pierre, et son père Dominic cultivent son talent pour le dessin. Parfois, Jonas racontait des histoires traditionnelles potawatomies pendant qu’ils dessinaient et peignaient. Le fait d’avoir passé le début de sa vie adulte coupée de son patrimoine – surtout pour tenter d’éviter le racisme – n’empêchera jamais Odjig de créer. L’art deviendra le fil conducteur qui reliera les étapes de sa vie. Dans le catalogue de l’exposition co-publié par la Galerie d'art de Sudbury et par le MBAC, Devine écrit : « Pendant sa convalescence, les histoires et le style curviligne du dessin qu’elle apprend de son grand-père, graveur de pierre, influenceront sa conception esthétique et métaphysique pour le reste de sa vie. »

En 1963, l’admission d’Odjig à la British Columbia Federation of Artists marque sa reconnaissance officielle en tant qu’artiste. L’huile sur toile qui lui ouvre cette porte, File d’attente pour le théâtre (1962) est éloquente : elle a été décrite comme un paysage expressionniste urbain illustrant l’isolement culturel de l’artiste. Un article sur Odjig publié dans la revue Equinox la cite à propos de cette époque de sa vie : « J’aurais tellement voulu pouvoir dire ‘Je suis Indienne, je suis née dans une réserve’. Mais à cause de la situation, je ne pouvais pas… »


Daphne Odjig 2/The Shaking Tent, 1969_Colection de la Société du Centre du centenaire du Manitoba, Winnipeg
Daphne Odjig 2/The Shaking Tent, 1969_Colection de la Société du Centre du centenaire du Manitoba, Winnipeg
 
Vers le milieu des années 1960, Odjig et son mari, Chester Beavon, déménagent dans le nord du Manitoba. Beavon travaille alors comme agent de développement à Easterville – où les Cris de Chemahawin viennent d’être transférés. Elle crée une série de dessins à la plume et à l’encre extrêmement détaillés qui illustrent la vie de la communauté, ainsi que des croquis d’attelages de chiens, de cabanes, de bateaux de pêche et de gens du coin tels que Verna George et Patsy Wood. Dans une entrevue accordée au magazine Tawow, elle exprime son inquiétude devant la disparition des modes de vie traditionnels. « Ces portraits ne sont pas sortis de mon imagination, ils représentent des personnes et des endroits qui existent vraiment. Je veux qu’ils vivent éternellement grâce à l’art. »

Son style change. Elle entreprend de peindre des allégories et des légendes et illustre une collection de manuels scolaires, les Nanabush Tales, publiés en 1971. Selon Tawow, sa peinture à l’acrylique La femme oiseau-tonnerre (1971) exprime « assez bien la violence et l’intensité » de la figure de la légende transformée en une créature puissante, mi-femme, mi-oiseau, après avoir été tuée par un homme jaloux. À cette époque, le style d’Odjig est surtout associé à celui de Norval Morrisseau. Les deux artistes, qui au début travaillent apparemment sans se connaître, sont alors vus comme la preuve d’une « émergence » – un virage culturel, une nouvelle prise de conscience. Mais Odjig s’intéresse rapidement à l’histoire et devient l’une des premières artistes autochtones à aborder les horreurs coloniales et postcoloniales subies par son peuple.


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