RECHERCHE
VILLE DE DESIGN
EGO MAGAZINE
ARCHIVES
L'Ornementation minimaliste
Atout retrouvé pour le design et la conquête des marchés
Jean-Marc Barbier, le 9 septembre 2018
Fauteuil
Fauteuil "Crinoline", création Patricia Urquiola.
 
Confirmation de tendance chez Forum Diffusion (www.forumdiffusion.fr) où François Basilien, responsable du showroom, note « le retour à l’enrichissement des formes. Ce qui répond à un principe de réalisme basé sur la fusion culturelle entre l’offre contemporaine et le patrimoine en meubles et accessoires du client. Un changement important où l’effet de mode est écarté au profit d’une production où l’ornement a le rôle d’un trait d’union et revêt une plus value d’âme. La consommation s’oriente vers la durabilité et le qualitatif. Et si les commandes sont moins nombreuses, leur montant est à la hausse. » Digéré donc le « luxe du rien » de Jean-Michel Franck selon les mots de François Mauriac comme le rapporte Jean-Louis Gaillemin… A Serpette et Paul Bert (Puces de Saint-Ouen), les marchands n’hésitent pas à communiquer collégialement sur d’extravagants meubles de grottes et jardins du XIXe siècle. A la vente Bergé-Saint Laurent, le Fauteuil aux dragons d’Eileen Gray, qui n’a rien de minimal, s’est envolé à 21,905 millions d’euros, record pour une œuvre d’art décoratif du XXe siècle. Preuve de sa rareté certes mais aussi d’un engouement.

Store
Store "Parametre", 3Form.
 
A l’instar d’Olivier Gagnère (www.gagnere.net), Mathias (www.mathias-paris.com) ou encore Hervé Van der Straeten (www.vanderstraeten.fr), certains créateurs, n’écoutant que leur inspiration, mènent des pas de deux avec l’ornementation depuis des années. « Dans une direction alors à contre-pied des diktats du bon goût mais dans la cohérence de l’univers narratif qui a bercé mon enfance entre Orient et Occident, » explique Jean Boggio. Joaillier-orfèvre de formation, il coule dans le bronze ou la porcelaine ses motifs luxuriants avec un optimisme affirmé « meilleur antidote aux périodes crises… » Un chemin singulier partagé aussi par Thomas Boog qui, depuis vingt ans, convoque coquillages et coraux dans « des réalisations toujours fonctionnelles ». Internet lui apporte des commandes du monde entier émanant d’amateurs de ses curiosités. « J’ai la certitude que ce ne sont pas des suiveurs : on ne peut pas forcer quelqu’un à dépenser de l’argent pour des coquillages ! »

Outline mirror, design by Piero Lissoni
Outline mirror, design by Piero Lissoni
 
Des esprits libres comparables à l’indépendance du hollandais Marcel Wanders. François Basilien souligne : « Cette nouvelle fusion culturelle entre classique et contemporaine lui doit beaucoup. » Jean-Louis Gaillemin renchérit : « Aujourd’hui les nouvelles vedettes des salons internationaux de design, de Miami à Bâle en passant par Milan sont les premiers de classe de l’école d’Eindhoven […]. L’humour sec des Bataves a une portée mondiale ». De fait, Droog Design multiplie les éditions facétieuses où l’ornement retrouve une légitimité inattendue comme dans le désormais fameux radiateur de Joris Laarman. Toujours aux Pays-Bas, t.e. (Thomas Eyck) a initié une démarche à double détente. Des designers sont inviter à œuvrer à partir des compétences et de la matière première de fabricants locaux. L’exercice - profitable au Made in Holland - est ouvert à toutes les fantaisies.

<   1  2  3  4  5  6  7   >
IMPRIMERENVOYER À UN AMIHAUT DE PAGE
HÔTELS-BOUTIQUES
AGENDA
NEWSLETTER


giubbotti peuterey Peuterey Outlet giubbotti peuterey peuterey online