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The Space of Words : Hétérogénéité entre mots et espace
The Space of Words
Hétérogénéité entre mots et espace
Christophe Gallois, le 20 avril 2009
Centrée sur la pratique de onze artistes de différentes générations, The Space of Words explore les relations d’hétérogénéité entre mots et espace. Elle s’articule autour de deux directions : la mise en espace du langage et l’évanescence du sens.

« Pour moi, les mots ont une température. Quand ils atteignent un certain degré et deviennent brûlants, je me sens attiré par eux… Parfois, je fais le rêve que si un mot devient trop chaud, il va s’évaporer, et je ne vais plus pouvoir le lire ou y penser. La plupart du temps, j’attrape les mots avant qu’ils ne deviennent trop chauds. » L’évanescence des mots que décrit l’artiste américain Edward Ruscha dans cette citation peut illustrer le type de rapports qu’entretiennent certains artistes contemporains au langage : la mise en oeuvre de glissements entre langage et image, entre langage et espace mettant en valeur non pas des rapports d’équivalence mais des dynamiques d’hétérogénéité, résultant parfois en leur effacement mutuel.

Une des sources d’inspiration du projet The Space of Words est une conférence donnée en 2004 par le philosophe français Jacques Rancière. L’exposition au Mudam en emprunte le titre. Dans L’espace des mots, Rancière prend comme point de départ l’appropriation par Marcel Broodthaers du livre de Mallarmé, Un Coup de dés jamais n’abolira le hasard. En remplaçant les mots disposés sur l’espace de la page par des bandes noires qui en annulent le sens, Broodthaers pense la surface d’échange entre langage et espace comme un « espace de confrontation », basé sur « une pratique du mot et de l’image qui souligne leur écart. » (Rancière)


The Space of Words/Gander_Felix Provides a Stage Again
The Space of Words/Gander_Felix Provides a Stage Again
 
The Space of Words s’intéresse à une série de gestes activant différents types d’écarts entre langage et espace : l’effacement, l’altération, la perte de mémoire, l’éclatement du sens ou encore la transposition de l’espace de la page à celui de l’exposition. Un dénominateur commun à ces gestes est le rôle central donné à la notion de lecture et aux processus d’interprétation, d’appropriation et de montage que celle-ci implique. La disparition du sens, les silences et les manques qui caractérisent plusieurs oeuvres dans l’exposition fonctionnent alors, pour reprendre les mots d’Edward Ruscha au sujet d’une série de toiles comportant des mots effacés, comme autant d’« espaces pour la pensée. »


The Space of Words/Aurélien Froment_Théâtre de poche, 2007_Store, London and Motive Gallery, Amsterdam_Aurélien Mole
The Space of Words/Aurélien Froment_Théâtre de poche, 2007_Store, London and Motive Gallery, Amsterdam_Aurélien Mole
 
L’oeuvre de Ryan Gander, A Sheet of paper on which I was about to draw, as it slipped from my table and fell to the floor (2008), met en scène l’évanescence du sens. Elle se compose d’une centaine de boules de verre à l’intérieur desquelles a été gravée la forme d’une feuille vierge en train de tomber. Ces objets évoquent des projets non réalisés ou des idées potentielles. La série de posters grand format Felix Provides a Stage Again (2008) présente quelques-uns des essais réalisés dans l’atelier de l’artiste, à l’aide de feuilles suspendues dans l’espace, pour définir la forme des feuilles gravées. La Pluie (projet pour un texte) (1969) de Marcel Broodthaers fait écho aux oeuvres de Gander. Ce film 16mm montre Broodthaers en train d’écrire à la plume, sous la pluie, un texte qui s’efface au fur et à mesure. D’autres oeuvres de l’artiste s’articulent également autour de la question de l’effacement, telles que la série des douze plaques qui composent Un Coup de dés jamais n’abolira le hasard (1969) ou l’installation Le Corbeau et le renard (1967-1972). Le silence, l’espace entre les mots sont les acteurs principaux de l’installation sonore Le Bout de la langue (The tip of the tongue) (1994/2009) de Dominique Petitgand, une pièce qui s’intéresse à la parole « prise au piège des dysfonctionnements de la mémoire. » (Petitgand)

Deux oeuvres centrales dans l’exposition sont les peintures Blue Collar Tool & Die (1992) et The Old Tool & Die Building (2004) d’Edward Ruscha.


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