RECHERCHE
VILLE DE DESIGN
EGO MAGAZINE
ARCHIVES
ENZO MARI
Une vue sur l'infini
G. T., le 27 octobre 2008
Enzo Mari/Enzo Mari_Hida.
Enzo Mari/Enzo Mari_Hida.
 
G.T.: À dire vrai, c'est implicite



Enzo Mari: Je n'ai pas réussi ces objets par hasard, je me le suis imposé quand j'ai eu 24 ou 25 ans, en constatant le présent, car il y avait déjà beaucoup de produits de design. En regardant avec horreur le formalisme, la stupidité de ces produits,
et en comprenant immédiatement que ce n'était que de la marchandise, rien que de la marchandise, je me suis proposé dès cette époque de comprendre quelle était la forme. J'ai regardé la forme des objets anciens.
J'ai cherché, j'ai essayé d'apprendre tout seul en me tournant vers les vrais maîtres, c'est-à-dire les auteurs, sans les considérer comme des choses à imiter formellement car cela aurait été idiot, une nouvelle proposition néoclassique... et ils m'ont été utiles pour comprendre comment quelqu'un arrive à ouvrir une fenêtre sur l'infini. J'ai essayé dans cette situation de bien comprendre en quoi consiste la durée de la forme.
Pour qu'une forme dure, je dois refuser toute la bêtise actuelle, je dois la mettre en discussion. Je dirais presque d'avoir recherché la dignité dans tout mon travail. Pouvoir faire quelque chose qui soit digne, pour moi et pour les autres. J'ai donc fait ces objets, et tous ceux que j'ai projetés, avec l'intention consciente de ne pas les laisser vieillir, même si j'ai souvent échoué. 
J'ai eu le bonheur dans certains cas d'avoir comme interlocuteur un entrepreneur qui partageait en quelque sorte mes opinions, c'était vraiment un coup de chance. 
J'ai dû sinon affronter à l'infini des dures négociations en sachant avec certitude de devoir faire un objet qui soit vendable. Je sais également qu'en éliminant tous les oripeaux dans ce que je fais, j'amène les objets à un plan d'élite. 



Enzo Mari/Enzo Mari_Hida.
Enzo Mari/Enzo Mari_Hida.
 
G.T.: Une dernière question sur l'état de l’art de l'architecture. Vous avez fait des projets d'architecture, quelle est votre opinion sur l'architecture contemporaine ou, tout au moins, comment est-elle ou devrait être ?



Enzo Mari: Je dois élargir un peu le problème. Si nous parlons d'architecture et du succès du design italien. Les Italiens étaient très bons dans ce domaine et les premiers du monde jusqu'aux années soixante-dix,
mais ce n'est toutefois plus le cas maintenant. Parmi les pionniers du design, j'en ai parlé tout à l'heure avant de citer les pionniers artistes, 
je l'ai dit, il y avait les architectes. Ceux qui croyaient à l'utopie du mouvement moderne, où l'invention n'a été qu'une invention de ce genre... par rapport aux tables chippendale, aux tables, aux petites tables et aux chaises qui ont toujours été fabriquées, où les pieds d'une table, d'une chaise ou le dossier avaient toujours symboliquement la forme du pied d'une chèvre, de feuilles d'acanthe ou d'une tête de lion ou d'ange, ceux du mouvement moderne en ont eu assez de cette répétition obsessive, de l'art pompier, au sens péjoratif, comme créé en France par les premiers avant-gardistes, contre le réalisme hébéphrénique qui répétait des choses dénuées de sens. Ces architectes ont dit : le pied d'une table peut être cylindrique, carré, un élément extrudé... en somme la simplification totale.
 Tout ceci a un peu été la matrice du design. Il n'y a pas eu beaucoup de nouvelles techniques, c'est faux.



Enzo Mari/Enzo Mari_Hida.
Enzo Mari/Enzo Mari_Hida.
 
<   1  2  3  4   >
IMPRIMERENVOYER À UN AMIHAUT DE PAGE
HÔTELS-BOUTIQUES
AGENDA
NEWSLETTER


giubbotti peuterey Peuterey Outlet giubbotti peuterey peuterey online