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RRRIPP!! : PAPER FASHION
RRRIPP!!
PAPER FASHION
Vassilis Zidianakis, le 20 octobre 2008
Après le Musée Benaki d’Athènes, avant le Musée de la Mode d’Anvers et le Musée du Design de Londres, Mudam présente RRRIPP!! Paper Fashion. Cette exposition, conçue par ATOPOS*, est le résultat d’années de recherches sur le vêtement en papier, un phénomène très en vogue aux Etats-Unis vers la fin des années 1960, mais somme toute méconnu du grand public. Partant de l’analyse d’un contexte historique, l’exposition aborde de manière originale l’usage de matériaux à base de cellulose pour la conception d’étoffes, tissées ou non-tissées, comme le papier ou assimilés. Présentant les différentes utilisations actuelles du papier dans la mode, elle comprend également des objets d’art et de publicité ainsi que des défilés de mode filmés dans lesquels on découvre les récentes créations de couturiers parmi les plus novateurs, tels que Hiroaki Ohya, Hussein Chalayan ou Issey Miyake. Pensée au sein d’un dispositif évolutif, l’exposition RRRIPP!! Paper Fashion propose à chaque étape de son itinérance un nouvel angle d’approche, s’interrogeant sur l’histoire et le devenir du matériau papier.

RRRIPPI Fashion/RRRIPP!! Airmail Dress
RRRIPPI Fashion/RRRIPP!! Airmail Dress
 
Histoire du vêtement en papier

Spontanément, l’accessoire en papier qui nous vient en premier à l’esprit est certainement le chapeau plié réalisé à partir d’un vieux journal. Historiquement, il existe toutefois, en Chine et au Japon dès le 8e siècle de notre ère, une tradition de confection vestimentaire à base de papier tel que le Kamiko, un papier saturé d’amidon et rendu souple, ou le Shifu, un tricotage de fils fabriqués à partir d’anciens livres de comptes. Tous deux conçus suivant un procédé écologique avant l’heure : seule l’écorce du kozo, une espèce de mûrier, est employée, ce qui permet à l’arbre de se régénérer. En occident, ce n’est pas seulement pendant les périodes de crise que le papier remplace les textiles, comme ce fut le cas en Allemagne pendant les deux dernières guerres. Fabriqué industriellement en abattant les arbres, le papier, d’un coût de revient modique, est utilisé depuis le 19e siècle pour la fabrication d’accessoires jetables comme les manchettes ou les cols blancs des représentants.


RRRIPPI Fashion/RRRIPP!! Harry Gordon
RRRIPPI Fashion/RRRIPP!! Harry Gordon
 
En Amérique du Nord, l’engouement de la fin des années 1960 pour les robes en papier est déclenché en 1966 par l’entreprise américaine Scott Paper Company qui cible, avec cet article publicitaire, une société contemporaine du consommable et du jetable. Légers et modernes, souvent fabriqués à partir d’étoffes semblables au papier, comme le Tyvek - tissu encore d’usage aujourd’hui et constitué de fibres synthétiques compressées -, ces nouveaux matériaux correspondent alors aux désirs d’une époque. Leur succès aussi soudain qu’inattendu lance la mode des vêtements en papier qui va durer jusqu’à ce que s’éveille une conscience écologique en 1968. Mais deux années durant, cet article de masse « pour un soir » qui reflète l’air du temps et se pare de motifs issus du Pop Art, de l’Op Art, de l’Art Psychédélique, de la publicité, de marques déposées, ou encore des portraits des candidats aux élections présidentielles, va connaître une énorme popularité.

Oscillant entre publicité et objet de mode, la robe en papier n’est pas seulement utilisée par quelques grands journaux ou les Pages Jaunes, ce sont aussi des entreprises comme Campbell’s Soup, les studios Universal et d’autres encore qui profitent du phénomène en faisant imprimer sur les robes leurs produits ou l’effigie de leurs vedettes à la manière des sérigraphies d’Andy Warhol. Warhol lui-même est d’ailleurs contacté par la Mars Manufacturing Company afin de faire la publicité de robes en papier blanc, qui, pour être décorées de manière personnalisée, sont vendues avec une boîte d’aquarelles. Les robes en papier accèdent même au statut d’oeuvre d’art lorsque celles de Warhol, l’une affichant sa fameuse banane sérigraphiée et l’autre destinée à la chanteuse Nico, décorée du mot « FRAGILE », qu’il signe « Dalí », sont données au Brooklyn Museum.

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