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Juan Muñoz : Le sculpteur narrateur
Juan Muñoz
Le sculpteur narrateur
Sheena Wagstaff, le 7 juillet 2008
Le Musée Guggenheim Bilbao présente la plus importante rétrospective consacrée en Espagne à Juan Muñoz (Madrid, 1953 - Ibiza, 2001), considéré comme l’un des artistes qui ont le plus marqués la sculpture et l’installation contemporaines. À partir d’un choix de près de 80 oeuvres - sculptures, installations, dessins, oeuvres radiophoniques et textes -, l’exposition révèle quelques aspects peu étudiés du registre, aussi étendu que novateur, de ce créateur madrilène, qui effectua des études artistiques à Londres et à New York où il résida plusieurs années après avoir interrompu ses études d’architecture à Madrid. Muñoz a été reconnu internationalement comme l’un des sculpteurs les plus intéressants des dernières décennies au milieu des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix grâce à d’importantes expositions qui l’ont fait connaître dans le monde entier. Mais en Espagne, cette reconnaissance ne viendra qu’en 2000 avec le Prix National des Arts Plastiques.

Juan Muñoz_Conversation
Juan Muñoz_Conversation
 
Depuis ses premières pièces architecturales - escaliers, balcons et rambardes - placées à des endroits impossibles, jusqu’à ses installations, dramatiques et théâtrales, formées par des groupes de figures humaines qui évoquent la solitude de l’individu face à la société, en passant par les sols optiques où se brouillent les limites de l’espace et du temps, les oeuvres de Muñoz jouent avec le spectateur et l’invitent à entrer en relation avec elles, même au prix d'un sentiment de malaise et d’isolement. Muñoz se définissait lui-même comme un « narrateur » et sa capacité à proposer de nouveaux modes de contemplation et de réflexion, afin de susciter une tension entre l’illusoire et le réel, en a fait l’un des rénovateurs de la sculpture contemporaine.

Juan Muñoz_Conversation
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En 1984, un petit escalier en colimaçon terminé par une balustrade et appuyé contre le mur est présenté à Madrid dans la première exposition individuelle de Juan Muñoz. Cette oeuvre est la première pièce avec laquelle l’artiste se souvient d’avoir eu « une certaine sensation d’identité ». Ce motif architectural va d’ailleurs scander sa carrière. Plus de deux décennies plus tard, un nouveau petit escalier en colimaçon, descendant direct de cette pièce Spiral Staircase (Inverted) [Escalier en colimaçon (Inversé)] 1984/99), ouvre la rétrospective de l’artiste à Bilbao. Un lieu étrange à partir duquel regarder et être regardé, comme les balcons vides de la série Hotel Declercq I-IV (1986), qui, à côté de pièces comme Double Balcony (Double Balcon, 1986), transforment l’espace en un petit et inquiétant quartier urbain placé dans un environnement architectural qui lui est complètement étranger. Il s’agit d’éléments qui ont été privés de leur fonctionnalité, de fenêtres qui ne s’ouvrent pas, de rambardes qui ne servent pas d’appui et de travaux dans lesquels Muñoz insère des objets quotidiennement occupés par l’homme dans les paysages que normalement il habite. Tel est le cas de la pièce Derailment (Déraillement, 2000-2001), une oeuvre absente de la Tate Modern de Londres qui a été rajoutée à la présentation de Bilbao. Ici, la ville occupe l’intérieur d’un train déraillé, dont nous ignorons les tenants et les aboutissants.

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