Laure Tixier : Plaid Houses
Laure Tixier
Plaid Houses
Valerio D’Alimonte, le 23 février 2009
Laure Tixier/Series of nine sculptures_FeltDiametergallery
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Les questions de l’habitat, de l’architecture et de l’urbanisme traversent la pratique de Laure Tixier. À travers ses dessins et vidéos, l’artiste s’intéresse notamment aux utopies qui ont accompagné le développement des sociétés humaines, les revisitant avec humour. Créé pour Mudam, le projet Plaid Houses a pour origine une série de dessins pensée par l’artiste comme un répertoire d’habitats provenant de différents contextes culturels, géographiques et historiques, depuis la hutte jusqu’à l’architecture futuriste en passant par la yourte mongole et les avant-gardes modernistes. S’inspirant des « premières fictions architecturales » construites par les enfants avec des couvertures, Laure Tixier a réalisé neuf architectures fabriquées en feutre. Présenté dans le Grand Hall du musée, le projet Plaid Houses est accompagné d’une exposition rassemblant plusieurs projets antérieurs de l’artiste, tels que les séries de dessins Siphonophores et Dolci Carceri, ou la vidéo Toontown Année Zéro appartenant à la Collection Mudam. Plaid Houses inaugure le projet Habiter, une série de commandes pour le Grand Hall du musée présentées tout au long de l’année 2009.

Laure Tixier/Series of nine sculptures_Feltgallery
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Autopsie d’une exposition… habitable

Dolci Carceri, 2002 - 2005
Le mélange d’une utopie architecturale et d’un univers lié à l’enfance se retrouve dans la série Dolci Carceri. Cette série de dessins est inspirée des célèbres « prisons imaginaires » de Giovanni Battista Piranesi (1720–1778). Laure Tixier a ici remplacé les constructions des gravures originales par des architectures faites de chamallows et de bâtons de réglisse. Ces dessins proposent un univers onirique dans lequel se confrontent les visions édulcorées du monde de l’enfance et les énigmatiques représentations du monde carcéral de Giovanni Battista Piranesi.


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Gacha Gacha, 2006 - 2007
Le titre de Gacha Gacha évoque le nom donné au Japon aux distributeurs automatiques de jouets, Gachapon, un mot qui combine deux onomatopées : « gacha », pour le tour de manivelle de la machine, et « pon », pour le son de la capsule tombant dans le réceptacle du distributeur. On découvre dans les capsules toys, représentés dans cette série de dessins, des petites unités d’habitation. La succession des dessins propose une architecture modulable et aléatoire.


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Toontown Année Zéro, 2000
Le film d’animation Toontown Année Zéro, une oeuvre qui fait partie de la Collection Mudam, reprend les plans de début et de fin du célèbre film de Roberto Rossellini, Allemagne Année Zéro. La ville dans laquelle le personnage du film d’animation déambule évoque un royaume de Disney en ruine.


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Schön Île d’Utopie, 1996 - 1997
Avec Schön Île d’Utopie, Tixier interprète des plans célèbres de villes idéales empruntés à différentes époques de l’histoire de l’architecture, ici « recyclées pour le bonheur des chiens ». La niche pour chien devient l’élément de base pour représenter des architectures telles que la « construction standardisée » du Bauhaus, les « Prouns » suprématistes d’El Lissitzky, ou la « ville de trois millions d’habitants » de Le Corbusier. L’ensemble porte un regard humoristique et ironique sur la notion même d’utopie.


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Siphonophores, 2002
Cette série s’intéresse au modèle du siphonophore, un organisme cousin de la méduse vivant dans les profondeurs marines qui présente le paradoxe d’être à la fois un organisme et une colonie, constitué d’innombrables individus, chacun spécialisé dans une tâche particulière dans le fonctionnement de l’ensemble. Tixier, en s’inspirant des illustrations de l’ouvrage « Kunstformen der Natur » (Formes artistiques dans la nature, 1904) du théoricien allemand de l’évolution des espèces Ernst Haeckel, perturbe ces représentations d’une organisation utopique en y glissant des minuscules engins futuristes : « Une telle fusion, confusion entre l’individu et le groupe laisse entrevoir l’espoir de cités idéales pour le futur. Mais en observant à la loupe, on s’aperçoit que le ver est déjà dans le fruit de cette utopie, contaminée par des engins spatiaux. »


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Laure Tixier, née en 1972 à Chamalières, vit et travaille à Paris.

www.mudam.lu