Gyula Halász : Nuits de Brassaï
Gyula Halász
Nuits de Brassaï
F.Y., le 24 septembre 2018
Brassaï en 1934_foggy à Paris
Brassaï en 1934_foggy à Paris


Gyula Halasz, connu à partir de 1932 sous le pseudonyme de Brassaï (de sa ville natale Brasso en Hongrie), apprend la photo en autodidacte. Dans les années 20, il fréquente des milieux composés de gens comme Moholy-Nagy ou Kandinsky. En 1925, il fait la connaissance de Atget, qui devient sa référence pour ses productions ultérieures. Vers le début des années 30, il fait ses premières photographies de Paris: rues désertées et places vides... ce qui aboutit à la parution d'un livre: "Paris de nuit". Pour lui, les difficultés posées par l'éclairage nocturne de la ville représentaient un défi.

Ce qui l'intéressait, c'étaient aussi les gens de la nuit: ainsi ils photographient des noctambules, des prostituées, des couples, des clochards... La prostituée Bijou est l'une des photos les plus célèbres de cette période. En 1932, Brassaï photographie les graffiti des murs de Paris. En 1937, il commence à travailler pour "Harper's Bazaar" jusqu'en 1962, date à laquelle il abandonne la photographie pour se consacrer à la réimpression d'oeuvres originales. Bien de son époque, celle des années 1930, le Hongrois Brassaï, artiste complet, est surtout reconnu comme un grand photographe, et célébré comme le maître de la vue nocturne. Photographie, écriture, dessin, sculpture : l'artiste refuse toute spécialité. « Le problème, quand on a plusieurs dons, est de savoir lequel vous exprime le plus totalement », confie-t-il à Yves Bourde, dans Le Monde, en 1974.

Brassai_The dit black white
Brassai_The dit black white


Brassaï_Girl playing snooker
Brassaï_Girl playing snooker


Tous ces moyens d'expression procèdent d'un même regard, d'une même vision. Ceux qui l'on connu ont souligné le caractère étrange de ses yeux, comme prêts à sortir de leurs orbites. Brassaï fixe l'évidence des choses et des formes, dans ce qu'elles ont de plus archaïque, de plus brut, comme une vérité crue.Paris, la nuit et la photographie. Gyula Halász naît le 9 septembre 1899 à Braşov (hongrois : Brassó - ville alors austro-hongroise et rattachée à la Roumanie depuis). À l’âge de 3 ans, lui et sa famille emménagent à Paris pour un an afin de suivre son père, appelé à enseigner la littérature à la Sorbonne. Jeune homme, Gyula Halász étudie la peinture et la sculpture à l’école des Beaux-Arts de Budapest avant de rejoindre la cavalerie austro-hongroise pour y servir durant la Première Guerre mondiale. En 1920 il se rend à Berlin où il y travaillera en tant que journaliste, tout en suivant les cours de l’académie des Beaux-Arts Berlin-Charlottenburg. Halász déménage en 1924 pour Paris, où il passera tout le reste de sa vie. Il apprend seul le français, en lisant les œuvres de Marcel Proust. Installé à Montparnasse, au cœur du Paris artistique des années 1920, il se lie à Henry Miller, Léon-Paul Fargue, et au poète Jacques Prévert

Brassai_Kissing in the cafe
Brassai_Kissing in the cafe


Brassai - A couple in Bal Musette des Quatre-Saisons, rue de Lappe
Brassai - A couple in Bal Musette des Quatre-Saisons, rue de Lappe


Brassai - At «Suzy's», rue Gregoire-Tours
Brassai - At «Suzy's», rue Gregoire-Tours


Il reprend sa carrière de journaliste à Paris, facteur décisif dans son orientation vers la photographie. Il écrivit plus tard que la photo l’avait aidé à saisir la nuit Parisienne, la beauté des rues et des jardins, qu’il pleuve ou qu’il vente. En utilisant son lieu de naissance, Gyula Halász se forge dès 1923 le pseudonyme de Brassaï qui signifie « de Brassó ». C’est sous ce nom qu’il s’impose comme celui qui a su capturer l’essence de la ville dans ses clichés, publiant un premier recueil en 1932 intitulé « Paris de nuit » qui reçoit un grand succès et le fera même surnommer « l’œil de Paris » par Miller dans l’un de ses essais. En dehors de ses photos du Paris interlope et sombre, Brassaï s’est aussi intéressé à la haute société, aux intellectuels, à la danse et à l’opéra. Il photographia nombre d’entre ses contemporains, tels Salvador Dalí, Pablo Picasso, Henri Matisse, Alberto Giacometti et certains des écrivains majeurs de l’époque : Jean Genet, Henri Michaux.

Brassaï_Chez Suzy
Brassaï_Chez Suzy


Brassaï_Cabaret la nuit
Brassaï_Cabaret la nuit


Brassai_Rue de Paris
Brassai_Rue de Paris


Une de ses photographies de la série des Graffiti sera utilisée en couverture du recueil de Jacques Prévert Paroles en 1946. Ses photographies offrirent à Brassaï une célébrité internationale. En 1956, son film « Tant qu’il y aura des bêtes » gagne un prix à Cannes, puis en 1974 il est élevé au rang de Chevalier des Arts et des Lettres, avant de recevoir la Légion d’honneur en 1976. Il gagne son premier « Grand Prix national de la Photographie » deux ans plus tard, à Paris.

Brassai - Two from Grand Albert's gang
Brassai - Two from Grand Albert's gang


Brassaï_Montmartre scene de rue
Brassaï_Montmartre scene de rue


Brassaï_Parsing prostitution
Brassaï_Parsing prostitution