Geoffrey James : Utopie/Dystopie met en contraste une société idéale et un monde qui court à sa perte
Geoffrey James
Utopie/Dystopie met en contraste une société idéale et un monde qui court à sa perte
Josée-Britanie Mallet, le 16 juin 2008
Geoffrey James_Bassin du jardin d’hiver, en direction nord, Central Park, New York, 1994_ConservWater_CCA
Geoffrey James_Bassin du jardin d’hiver, en direction nord, Central Park, New York, 1994_ConservWater_CCA


Originaire du pays de Galles et historien de formation, Geoffrey James s’adonne à la photographie dès le début des années soixante-dix. Depuis bientôt quarante ans, armé de sa caméra, il arpente grands aménagements paysagers et sanctuaires naturels. Des jardins classiques français et italiens aux ensembles de Olmsted, des sites désolés de mines à ciel ouvert à la muraille de tôle ondulée érigée à la frontière américano-mexicaine, il ausculte le paysage et sa respiration. Occasionnellement, il déambule aussi dans l’environnement urbain à l’affût des traces de grands combats qui s’y jouent entre la nature et la culture. Ses innombrables promenades ont donné un nombre impressionnant d’images qui, au fil des ans, ont formé une prodigieuse chronique de l’état des lieux.

Geoffrey James/Central Park, Near the Lake, 2007
Geoffrey James/Central Park, Near the Lake, 2007


Jusqu’au 19 octobre 2008, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) accueille sa première grande rétrospective de l’œuvre d’un des plus brillants photographes paysagistes contemporains canadiens, Geoffrey James. Présentée par Pratt & Whitney Canada, l’exposition comprend 91 photographies réalisées entre 1987 et 2002.

Geoffrey James_Coutt’s Garden, Alberta, 2006
Geoffrey James_Coutt’s Garden, Alberta, 2006


Reconnu comme l’un des plus éloquents interprètes du paysage au Canada, Geoffrey James fait de la photographie depuis le début des années 1970. Ses premières photographies illustrent des jardins et expriment une conception classique de la beauté, révélant la géométrie et les structures sous-jacentes du jardin à la française. Ces petites photographies panoramiques (8,5 cm x 26,5 cm) évoquent une passion tranquille pour les aménagements et les sanctuaires naturels d’autrefois. Dans ses œuvres plus récentes, James s’intéresse plus particulièrement à la façon dont la nature et la culture se croisent. Bien qu’elles ne s’intéressent pas au « romantisme des ruines », ses photographies n’en évoquent pas moins la déchéance.

Geoffrey James/Vimy-Ridge, 1993 Musée des beaux-arts du Canada Ottawa Acheté en 1995
Geoffrey James/Vimy-Ridge, 1993 Musée des beaux-arts du Canada Ottawa Acheté en 1995


« Une rétrospective de cette envergure permet de découvrir l’ensemble du travail que produit un artiste au cours d’une carrière », a indiqué le directeur du MBAC, Pierre Théberge. « Une telle exposition, qui réunit en un même lieu un nombre représentatif d’œuvres d’un même artiste, nous offre aussi l’occasion d’examiner plus étroitement les différents thèmes et préoccupations qui en émergent. »

Geoffrey James/Central Park, the Ramble, 2007
Geoffrey James/Central Park, the Ramble, 2007


Geoffrey James/Pont-Neuf, Paris, 2000_Collection de Jim des Rivières et Kathryn Finter
Geoffrey James/Pont-Neuf, Paris, 2000_Collection de Jim des Rivières et Kathryn Finter


L’exposition est sous la direction de la conservatrice adjointe des photographies du MBAC, Lori Pauli. « Je suis impressionnée tant par les subtilités de ses tirages que par la puissance graphique de ses photographies », a-t-elle expliqué. « Cette exposition retrace la fascination de longue date de James pour la façon dont la nature et la culture se rencontrent et sa remarquable contribution à l’art canadien. » Oscillant entre des lieux idylliques - jardins à la française, parcs forestiers - et des espaces désertiques laissés par des mines et une frontière internationale conflictuelle, ses photographies auscultent les paysages aménagés du passé et ceux plus involontaires du présent

Geoffrey James/Geoffrey James_Seed Company_Lethbridge, 1999
Geoffrey James/Geoffrey James_Seed Company_Lethbridge, 1999


L’exposition met en lumière des thèmes iconographiques récurrents : ponts, routes, sentiers, arbres et étangs, façades de maisons et de magasins. Les photographies sont regroupées par séries : vues panoramiques de jardins européens, photographies de parcs américains conçus par F.L. Olmsted, les séries Paris, Amiante, Lethbridge et Toronto ainsi que Clôture fuyante, un projet sur la clôture frontalière érigée entre le Mexique et les États-Unis.

Geoffrey James/Pont-Neuf, Paris, 2000_Collection de Jim des Rivières et Kathryn Finter
Geoffrey James/Pont-Neuf, Paris, 2000_Collection de Jim des Rivières et Kathryn Finter


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