S(E)OUL SCAPE : Vers une nouvelle urbanité en Corée
S(E)OUL SCAPE
Vers une nouvelle urbanité en Corée
iMage + Nargisse Rafik, le 28 janvier 2008
L’exposition S(E)OUL SCAPE présente le résultat de la transformation architecturale et urbanistique de la Corée du Sud, de ces dernières années. Après une longue période de dictature, la Corée est aujourd’hui le centre d’un processus de développement économique, social et culturel sans précédent, qui caractérise le rôle de ce pays dans le monde contemporain.
 
À partir de l’oeuvre de six architectes coréens d’importance, l’exposition S(E)OUL SCAPE conçue par le curateur Francisco Sanin, étudie un programme récurrent dans la culture, l’enseignement, la recherche théorique et la pratique quotidienne de l’architecture.
 
La ville de Florence et l’école d’architecture de l’université de Florence, qui accueillent cette exposition S(E)OUL SCAPE, constituent la première étape de sa tournée mondiale.


Résidence S, Seoguipo, Jejudo, Corée_Kim Young-joon_P. Kim Jea-kyeong
Résidence S, Seoguipo, Jejudo, Corée_Kim Young-joon_P. Kim Jea-kyeong


Le jeudi 24 janvier 2008, l’exposition « S(E)OUL SCAPE. Towards a New Urbanity in Korea"  (PAYSAGES DE S(E)OUL - Vers une nouvelle urbanité en Corée) a ouvert ses portes à la galerie SESV. Elle donne un aperçu de la recherche architecturale contemporaine en Corée du Sud, en s'appuyant sur les projets de six architectes coréens réputés : Chung Guyon, Joh Sung-Yong, Kim Young-Joon, Min Hyun-sik, Seung H-Sang et Yi Jong-Ho. Leurs travaux ont mené à une redéfinition de la ville contemporaine, dont la célèbre Paju Book City représente l’une des expressions les plus vigoureuses, et à ce titre, reçoit les hommages de la profession à l’échelle internationale. Dans un pays où la dictature a duré jusque dans les années 1980, ces six architectes représentent la génération de ceux qui ont osé déclencher un débat public, susciter des interactions interdisciplinaires, et lancer une dynamique capable d'élever le pays au-dessus de l'agitation politique.


Résidence H, Heyri Art Valley, Paju, Gyeongido, Corée, 2005_Kim Young-joon_P. Kim Jea-kyeon
Résidence H, Heyri Art Valley, Paju, Gyeongido, Corée, 2005_Kim Young-joon_P. Kim Jea-kyeon


Mûrie avec le temps, influencée par les nombreuses études de l’architecture internationale et la confrontation aux expériences tentées à l’étranger, leur architecture témoigne de cette transformation sociale et culturelle, dont les signes avant-coureurs ont été révélés dans des publications vigilantes, et lors d'expositions au pavillon coréen à la Biennale de Venise.


Centre communautaire, près de la Grande muraille, comté de Yangping, Beijing, Chine, 2002_Seung H-sang
Centre communautaire, près de la Grande muraille, comté de Yangping, Beijing, Chine, 2002_Seung H-sang


HAYYIM, Seocho ku, Séoul, Corée, 2005_Min Hyun-sik.P. Jong Oe Kim
HAYYIM, Seocho ku, Séoul, Corée, 2005_Min Hyun-sik.P. Jong Oe Kim


Coordonnateur du programme de l’École d’architecture de l’Université de Syracuse à FLorence, le curateur Francisco Sanin a conçu cette exposition organisée par iMage, et réalisée en collaboration avec la Municipalité de Florence. L’objet de cette exposition est de montrer aux visiteurs un ensemble de bâtiments récemment construits en Corée du Sud, qui illustrent des thèmes allant de la recherche de typologies résidentielles à la relation avec les éléments naturels, en passant par la mémoire collective, ou la forme de la ville contemporaine. Les projets développés par ces six architectes tendent à créer un nouveau paysage urbain en Corée du Sud, un paysage différent de celui qui lui préexiste, et beaucoup plus adapté que celui-ci aux conditions sociales et économiques actuelles.


Arrêt d'autobus, Muju, Corée, 2000_Chung Guyon
Arrêt d'autobus, Muju, Corée, 2000_Chung Guyon


« S(E)OUL SCAPE » donne à voir le projet particulier de ces architectes, à savoir : réagir contre l’anonymat de la ville coréenne actuelle, et lui insuffler une nouvelle âme, afin de générer un nouveau dynamisme. Selon eux, la ville représente d’abord et avant tout un environnement social, un contexte au sein duquel la culture est engendrée, le lieu où les stratégies politiques peuvent s’accomplir. C’est à partir de ces aspects intangibles et pourtant essentiels, que la trame matérielle de l’architecture peut réellement prendre forme.

 

Parc Seonyudo, Yeongdeungpo, Corée, 2002_Seo-Ahn Landscape Architects Associate_P. Kim Jea-kyeong
Parc Seonyudo, Yeongdeungpo, Corée, 2002_Seo-Ahn Landscape Architects Associate_P. Kim Jea-kyeong


Séoul est la ville la plus dense au monde. La plupart des bâtiments qui constituent cette gigantesque métropole et le territoire limitrophe ont été construits dans les cinquante dernières années, aboutissant à une ville caractérisée par la frénésie et l’anonymat. C’est dans ce contexte extrême que les six architectes présentés dans cette exposition ont œuvré, partageant ainsi le même défi qui consiste à créer les conditions et les prémisses d’un nouvel ordre architectural et urbain.

Centre communautaire, près de la Grande muraille, comté de Yangping, Beijing, Chine, 2002_Seung H-sang_P.Asakawa Satoshi
Centre communautaire, près de la Grande muraille, comté de Yangping, Beijing, Chine, 2002_Seung H-sang_P.Asakawa Satoshi


« Face à cette architecture sans qualité, pour paraphraser le titre du roman bien connu de Robert Musil L’homme sans qualité, il y a eu en Corée une réaction forte et continue, qui s’est exprimée par la quête de dimensions intellectuelles et culturelles dans l’architecture, et la redéfinition du rôle de l’architecture dans la construction d’un nouveau concept de l’urbanité », explique Francisco Sanin.


Musée Lock, Jongrogu, Séoul, Corée, 2003_Seung H-sang_P. Osamu Murai
Musée Lock, Jongrogu, Séoul, Corée, 2003_Seung H-sang_P. Osamu Murai


Ces six architectes représentent la première génération d'architectes coréens à être prêts à se frotter aux expériences menées dans les autres pays, à comprendre qu’il est nécessaire de repenser les méthodes d’enseignement de l'architecture et sa pratique actuelles, d'accepter les influences étrangères, d’affirmer la présence coréenne sur la scène architecturale internationale, et de susciter un intérêt culturel et intellectuel dans ce sens.


Centre culturel Hyehwa de l'Université de Daejeon, Donggu, Daejeon, Corée, 2004_Seung H-sang_Osamu Murai
Centre culturel Hyehwa de l'Université de Daejeon, Donggu, Daejeon, Corée, 2004_Seung H-sang_Osamu Murai


Ils continuent de chérir la culture architecturale coréenne traditionnelle, mais expérimentent et révisent constamment les conventions locales, en étudiant et en s’interrogeant sur les concepts architecturaux et les langages mis au point ailleurs dans le monde. « Le modernisme évident des formes peut être interprété comme le rejet d’une expression qui soit « purement coréenne » (argument nationaliste qui a dominé la scène culturelle coréenne depuis longtemps). Outre leur rejet de l’orthodoxie nationaliste, ils partagent le même sentiment d'être privilégiés de pouvoir travailler avec ‘l'histoire, la philosophie, la poésie et l'esprit du lieu où ils pratiquent’, déclare Pai Hyung-min, professeur au Département d’architecture de l’Université nationale de Séoul, dans son essai publié dans le catalogue de l’exposition.


Welcomm City, Junggu, Séoul, Corée, 2000_Seung H-sang_P. Osamu Murai
Welcomm City, Junggu, Séoul, Corée, 2000_Seung H-sang_P. Osamu Murai


Biennale de Gwangju, project 4, Gwangju, Corée, 2002_Yi Jong-ho
Biennale de Gwangju, project 4, Gwangju, Corée, 2002_Yi Jong-ho


L’exposition « S(E)OUL SCAPE » est accompagnée d’un catalogue (80 pages, en couleurs et en anglais), publié par episode publishers, et réalisé par iMage. Il contient la présentation des 27 œuvres faisant l’objet de l’exposition, et comprend des essais critiques signés Francisco Sanin et Pai Hyung-min.


Biennale de Gwangju, projet 4, Gwangju, Corée, 2002_Yi Jong-ho
Biennale de Gwangju, projet 4, Gwangju, Corée, 2002_Yi Jong-ho


Faisant partie d’un vaste programme d’expositions itinérantes organisées par iMage,  l’exposition « S(E)OUL SCAPE. Towards a New Urbanity in Korea » prendra son envol à partir du printemps 2008, pour les capitales d’Europe et du monde, et sera accueillie par les galeries et institutions culturelles les plus sensibles aux enjeux de l’architecture contemporaine.
 
Jusqu'au 15 février 2008
Galerie SESV, piazza Ghiberti 27, Florence, Italie