Kengo Kuma : Un après-midi avec un architecte poète et écologiste
Kengo Kuma
Un après-midi avec un architecte poète et écologiste
Marco Casamonti, le 8 octobre 2007
Kengo Kuma
Kengo Kuma


Né en 1954, Kengo Kuma fonde son agence en 1990 à Tokyo (Kengo Kuma & Associates). Enseignant dans plusieurs universités, lauréat de nombreux prix au Japon ainsi qu’à l’étranger (Finlande, Italie), il a aujourd’hui à son actif plus d’une cinquantaine de réalisations au Japon (maisons, logements, musées, magasins, etc) qui le placent parmi les architectes les plus importants de sa génération. Son leitmotiv est “effacer l’architecture”, convoquer la quasi disparition de l’architecture dans son environnement, naturel ou urbain, en créant des structures ouvertes, perméables aux variations de l’extérieur, comme en témoigne le Kitakami Canal Museum (Miyagi, 1996-99). Pour ses bâtiments qu’il revendique “faibles”, Kuma recourt à des matériaux vernaculaires, terre, bois, bambou, pierre, mais surtout les pense selon des assemblages constructifs innovants. Ainsi son usage du “washi”, papier japonais, pour le Musée d’Ando Hiroshige (Bato, 1998-2000) ou celui de la pierre pour le Stone Museum (Nasu, 1996-2000) dont la façade se transfigure en claustra à travers la répétition linéaire de minces blocs de pierre. L’immeuble One Ometesando (Tokyo, 2001-03) est constitué d’une succession de lamelles en bois, perpendiculaires à la façade : peau continue, vue de biais, la façade devient, de face, complètement transparente, rythmée de vides et de pleins. Le matériau est donc pour Kengo Kuma un principe de construction, d’où découlent l’esthétique et la symbolique de l’architecture.

Kengo Kuma_B. Boutique
Kengo Kuma_B. Boutique


Kengo Kuma
Kengo Kuma


Marco Casamonti a interviewé Kengo Kuma au Palazzo della Ragione à Padoue dans le cadre de la visite des lieux organisée afin de définir le décor de l'exposition qui lui est exclusivement consacrée. Une occasion d'analyser le travail de l'architecte japonais et de comprendre sa méthodologie conceptuelle qui accorde une grande importance à l'expérimentation des matériaux.

Marco Casamonti : Pour commencer, je voudrais que tu nous parles de ton histoire personnelle ; je pense que cela intéresse beaucoup notre public.


Kengo Kuma : Bien sûr. Je suis né à Yokohama en 1954. J’ai obtenu mon diplôme à l’université de Tokyo puis je suis parti à New York où j'ai fréquenté la Columbia University. De retour au Japon, j’ai ouvert mon cabinet en 1986.

Kengo Kuma_Chokkura Plaza
Kengo Kuma_Chokkura Plaza


M.C. : A Tokyo?

Kengo Kuma :
Oui, à Tokyo. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir commencer ainsi ; l’économie de Tokyo était florissante dans les années 1980.

M.C. : En ce moment, tu as beaucoup de projets en construction dans différents pays du monde entier. Je voudrais que tu nous décrives ta situation actuelle.

Kengo Kuma : J’ai des projets en cours en Europe, aux Etats-Unis et en Chine. Ces cinq dernières années, une véritable mondialisation a été atteinte ; les frontières ont peu à peu disparues et nous pouvons aujourd’hui travailler à de nombreux projets dans différents endroits du monde. Je dois admettre que beaucoup de personnes sont également attirées par ma philosophie et que beaucoup partagent mes méthodes de travail ; c’est pour cette raison qu’ils me demandent de concevoir quelque chose dans leur pays.

Kengo Kuma_Chokkura Plaza
Kengo Kuma_Chokkura Plaza


Kengo Kuma_Bamboo house
Kengo Kuma_Bamboo house


M.C. : Tes projets les plus importants sont toutefois au Japon, je veux dire ceux déjà réalisés. Quand on les examine, on remarque combien ils sont différents les uns des autres. En effet, tu portes une attention particulière au paysage, au site. Tu étudies de manière approfondie la géographie de chaque lieu. Quel rôle et quelle importance jouent la géographie, la topographie et le paysage dans ta manière de concevoir l’architecture ?

Kengo Kuma : Ma façon de travailler s’inspire directement de la tradition architecturale japonaise. On trouve au Japon des paysages splendides et l’architecte part donc de l’idée fondamentale qu’il ne peut créer un objet isolé et étranger au contexte ; l’objectif est au contraire de réussir à communiquer avec le paysage. Je respecte ce courant de pensée, cette méthode, et j’essaie de l’appliquer également à des contextes plus modernes.

Kengo Kuma_Nagasaki Prefecture Art Museum
Kengo Kuma_Nagasaki Prefecture Art Museum


M.C. : Lorsqu’on observe tes projets, le fait que tu sois un architecte japonais ressort avec évidence. L'identité est un facteur important pour toi ; la façon dont tu utilises les différents matériaux par exemple le prouve. Tes projets sont modernes mais il réflètent également la tradition. Quel rapport entretiens-tu avec la tradition ?

Kengo Kuma : La tradition est importante même si je ne crois pas qu’il faille la respecter jusque dans les détails. En ce qui me concerne, la tradition a pour moi une valeur philosophique. Au Japon par exemple, le respect de l’environnement est une tradition ; ce qui n’est pas le cas de l’architecture chinoise. L’architecte chinois veut réaliser de grands monuments, en contradiction avec l’environnement. Au contraire, les paysages magnifiques du Japon font que nous n'envisageons pas la réalisation de bâtiments trop envahissants susceptibles d'être en contradiction avec le territoire. Au Japon, on essaie de créer une harmonie entre la construction et l'espace environnant ; l'architecture se fait ainsi discrète.

Kengo Kuma_Takayanagi Community Center
Kengo Kuma_Takayanagi Community Center


Kengo Kuma_Water Glass
Kengo Kuma_Water Glass


M.C. : Les matériaux utilisés, tout comme les détails de construction, sont très importants dans tous les projets. Il me semble qu’au Japon on peut facilement réussir à exploiter au mieux les potentialités des différents matériaux mais qu'arrive-t-il lorsque tu es appelé à travailler à l'étranger ?

Kengo Kuma : Dans chaque partie du monde, on utilise des matériaux locaux. En Italie par exemple vous utilisez la pierre, le bois et ce Terrazzo.

M.C. : Le Terrazzo à la vénitienne...


Kengo Kuma : Les matériaux locaux jouent depuis toujours un rôle important dans la conception. Bien sûr, la forme et la structure d’une construction donnée sont importantes mais je crois que le matériau l'est plus encore. Je pense qu'on peut trouver un bon matériau local, c’est-à-dire un matériau adapté à un projet donné ou à une situation spécifique, dans tous les pays.

M.C. : Ce qui m’intéresse tout particulièrement c’est ton aptitude à utiliser chaque matériau avec "légèreté" ; tu utilises par exemple la pierre d’une manière qui défie les lois de la gravité, tu joues avec les transparences, tu utilises chaque matériau en l’interprétant à ta propre façon.

Kengo Kuma : Oui, il est important pour moi que le matériau ne soit pas utilisé de manière nostalgique. Chaque matériau peut s’avérer nouveau, être utilisé différemment afin de s’adapter à l’espace environnant. J'aime notamment utiliser la pierre de manière totalement nouvelle et non pas de façon nostalgique, traditionnelle. Si dans un contexte donné, la transparence peut être l'élément créant l’harmonie entre le bâtiment et l’environnement, j’utiliserai la pierre pour obtenir cet effet. La transparence est un concept fondamental.

Kengo Kuma_Water Glass
Kengo Kuma_Water Glass


M.C. : Combien de temps passes-tu à étudier les détails d'un projet ? Vas-tu dans l’usine où l’élément de construction est produit ? Tu consacres beaucoup de temps aux détails ou j’exagère ?

Kengo Kuma : Tu n’exagères pas du tout. Ma méthode prévoit que les détails soient établis dès le début du projet. D’habitude, l’architecte essaie de trouver le bon détail à la fin, une fois le projet prêt et après avoir prévu tout le reste. Le détail est la dernière chose dont il s’occupe mais c’est trop tard car en général il reste très peu de temps à la fin d’un projet. Moi, au contraire, je me concentre sur les détails dès le début pour avoir tout le temps de les réaliser.
M.C. : Nous pouvons donc affirmer que ta première pensée est pour le paysage et donc pour le matériau ?


Kengo Kuma : 
Bien sûr. Si l’on ne trouve pas immédiatement le bon détail, il sera difficile de créer une harmonie entre la construction et le paysage. Il suffit au contraire de l’avoir trouvé dès le début pour que de nombreux problèmes soient résolus.

Kengo Kuma_Great Bamboo Wall_Pechina
Kengo Kuma_Great Bamboo Wall_Pechina


Kengo Kuma_House of Plastic_Tokyo
Kengo Kuma_House of Plastic_Tokyo


M.C. : Je comprends. En lisant ton CV, j’ai remarqué que tu avais conçu plusieurs musées. Tu en as fait vraiment beaucoup : des musées d’art, d’histoire. Que peux-tu nous dire sur ce type de construction ?

Kengo Kuma : Je pense que le musée n’est plus seulement le musée tel qu'on le concevait au 20e siècle. Je crois qu’il est aujourd’hui un espace de communication au service de la société du 21e siècle. C,est le salon de la communauté, un espace où les gens peuvent communiquer. Voilà ce qu’est le musée du 21e siècle et c’est la raison pour laquelle j’aime concevoir des musées.

Kengo Kuma_House of Plastic_Mitsumasa Fujitsuka_Tokyo
Kengo Kuma_House of Plastic_Mitsumasa Fujitsuka_Tokyo


M.C. : Quel type d’architecture trouves-tu le plus intéressant en ce moment ? Si tu avais le choix, que préférerais-tu concevoir ? Une église, un autre musée, un complexe résidentiel ? Vers quel type d’architecture voudrais-tu orienter tes recherches ?

Kengo Kuma :
Il me plairait de concevoir un lieu de culte comme une église ou un temple car je crois que, bien que l’on dise toujours que nous vivons dans l’ère du matérialisme, les gens éprouvent le besoin de vivre des expériences de nature religieuse.


Kengo Kuma_Nasu History Museum_Prefecture of Tochigi_Mitsumasa Fujitsuka
Kengo Kuma_Nasu History Museum_Prefecture of Tochigi_Mitsumasa Fujitsuka


M.C. : Les églises et les temples sont en effet des sujets intéressants du fait de l’atmosphère mystique qu’ils parviennent à créer. Mais tu as aussi travaillé dans des contextes urbains, comment décrirais-tu ton attitude envers la ville ?

Kengo Kuma : Même dans les contextes urbains j’aime trouver l’identité spécifique de chaque lieu, de chaque site. On dit qu'aujourd'hui toutes les villes se ressemblent, qu’elles ont perdu leurs spécificités mais je ne suis pas d’accord ; toutes les villes et tous les lieux ont leur propre personnalité. En Italie par exemple chaque village a sa propre culture et des aspects architecturaux différents. Je crois pouvoir saisir ces caractéristiques qui différencient chaque ville. Même les grandes métropoles ne sont pas identiques : Tokyo n'est ni New York ni Milan.

Kengo Kuma_Lotus House
Kengo Kuma_Lotus House


M.C. : Très intéressant. Tu n’as pas de projets en Italie en ce moment, n’est ce pas ? 


Kengo Kuma : Non...



M.C. : Mais je sais que tu as un projet en Espagne, tu peux nous en parler ?




Kengo Kuma : Oui, je m’occupe actuellement d’un projet dans les îles Canaries, à Ténériffe. Le site descend en pente vers l'océan Atlantique et le paysage est magnifique. Il s’agit d’un grand projet résidentiel, l’idée de fond est donc de permettre aux gens de vivre au sein de ce paysage.



M.C. : Nous pouvons donc dire qu’il s’agit d’une situation similaire à celle de la Water/glass house ou tu penses que la situation est différente? 



Kengo Kuma :
Non, la situation n’est pas très différente.

Kengo Kuma_Lotus House
Kengo Kuma_Lotus House


M.C. : Une dernière question. Continues-tu à enseigner ou te limites-tu à ton activité professionnelle ? 



Kengo Kuma : J’enseigne et je souhaite enseigner à mes étudiants...



M.C. : Au Japon ?



Kengo Kuma : Au Japon et aux Etats-Unis. J’essaie de faire comprendre à mes élèves ce qu'est l'essence de l'architecture. Je veux leur enseigner ce que mes professeurs ne m'ont pas enseigné c'est-à-dire comment on "fait" de l'architecture, comment on peut utiliser le bois, la pierre, le papier. Les étudiants peuvent ainsi apprendre ce qu’est réellement l’architecture, ce que sont les villes et ce qu’est le paysage

Kengo Kuma_Lotus House
Kengo Kuma_Lotus House


Kengo Kuma_Lotus House
Kengo Kuma_Lotus House


Kengo Kuma_Projet Mimar
Kengo Kuma_Projet Mimar


M.C. : Quels architectes du 20e siècle t’ont inspiré ? Quels sont tes rapports avec Kenzo Tange ou avec Le Corbusier par exemple ?

Kengo Kuma : Le Corbusier est sans aucun doute une figure importante mais mon "mentor" reste Frank Lloyd Wright parce qu’il a beaucoup voyagé au Japon et qu’il a su saisir l’essence de la culture japonaise. C’est lui qui a créé l’espace transparent et les méthodes qu'il a utilisées me servent aujourd'hui encore dans l'exercice de ma profession.

Kengo Kuma_Pavillon Oribe_Italie
Kengo Kuma_Pavillon Oribe_Italie


M.C. : Je voudrais faire un petit jeu avec toi. Je vais te citer certains de tes projets les plus célèbres et je voudrais que pour chacun tu m'expliques quel matériau tu as utilisé et que tu m'illustres les détails de l’oeuvre.

Kengo Kuma : Ok.
M.C. : Partons du Great (Bamboo) Wall. Quelle technologie as-tu utilisé ? Quelle méthode as-tu suivi?

Kengo Kuma :
Le site où j’ai réalisé le Great (Bamboo) Wall se trouve à proximité de la grande muraille. Quand nous avons découvert le paysage environnant, nous avons immédiatement pensé qu’il devait être préservé. On essaie d’habitude de créer une base plane ; dans ce cas précis, nous avons au contraire essayé de suivre les reliefs du paysage, ce qui est à l'origine de la forme du bâtiment. En ce qui concerne le bambou, il ne s’agit évidemment pas d’un matériau extrêmement solide. Voilà pourquoi nous y avons inséré un noyau d’acier ; nous avons également "brûlé" le bambou car il est très "faible" lorsqu'il est vert. Si on le brûle correctement, il devient jaune et beaucoup plus résistant. C’est cela le secret.

Kengo Kuma_Sen chair designed by Kengo Kuma
Kengo Kuma_Sen chair designed by Kengo Kuma


Kengo Kuma_Lotus House
Kengo Kuma_Lotus House


M.C. : Un autre projet intéressant en termes de matériau utilisé est la Plastic House; il s'agit d'un projet urbain, alors pourquoi avoir utilisé du plastique ? Quelle est l’idée de fond ?

Kengo Kuma : Le site se trouve au centre de Tokyo, dans une zone très habitée et vu la nature de l’espace, je n’ai pas souhaité créer une "boîte" en béton. Une construction en béton aurait empêché toute communication avec l’environnement externe. Mon idée a ainsi été d’utiliser le plastique afin de favoriser cette communication. Le matériau utilisé était du PRF, c’est-à-dire du plastique renforcé avec des fibres de verre ; sa couleur vert très clair me plaît beaucoup. La partie la plus complexe a été l’isolation ; pour remédier au problème, nous avons utilisé des murs doubles en plastique transparent.

Kengo Kuma_Lotus House
Kengo Kuma_Lotus House


M.C. : Deux couches...

Kengo Kuma : Exactement.

Kengo Kuma_Lotus House
Kengo Kuma_Lotus House


Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï
Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï


M.C. : Passons à deux autres projets : l’un à Osaka où tu as utilisé une pierre de toute beauté et l’Hanging Garden où tu es revenu au plastique. Quelle est la différence entre ces différents matériaux : l’albâtre, l’onyx et le plastique ?

Kengo Kuma : Le siège de LVMH à Osaka, comme les sièges d’autres maisons de mode, donne directement sur la rue principale de la ville. Par conséquent, j’ai décidé d’utiliser un matériau aussi fantastique que l’onyx mais cette fois encore sans suivre la méthode traditionnelle. J’ai taillé l’onyx jusqu’à ce que son épaisseur atteigne 4 mm puis je l’ai introduit entre deux couches de verre de manière à créer un matériau translucide qui, la nuit, permet au bâtiment d’être éclairé de l’intérieur.

Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï
Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï


M.C. : On retrouve la même transparence dans le Hanging Garden malgré l’utilisation d’un matériau complètement différent et beaucoup moins coûteux.

Kengo Kuma : Le site fait face à l’eau et l’environnement est plutôt sauvage. La construction compte plusieurs étages et le bâtiment a été pensé pour les enfants avec un espace où ils peuvent jouer et organiser des concerts; j’ai décidé d’utiliser une espèce de ruban de plastique similaire à ceux qu’on utilise généralement à l’entrée des usines. Je ne sais pas si vous utilisez le même matériau pour l’entrée des usines. Nous avons fixé ce matériau à l'aide de câbles et toute la construction est "souple". Il s’agit quoi qu’il en soit d’un bâtiment temporaire : une construction devant durer une dizaine d’années avant d’être déplacée dans un autre endroit. La structure elle-même est préfabriquée. Nous avons utilisé des matériaux adhésifs ; il n'y aucun joint fixe. Ces derniers sont tous flexibles de manière à pouvoir tout démolir en un jour et déplacer l’oeuvre sur un autre site.

Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï
Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï


Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï
Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï


M.C. : Il y a également l'oeuvre connue sous le nom de Paper Snake, un projet intéressant dans la mesure où tu as choisi d'utiliser une forme pour créer une abstraction. Tu peux nous parler de ce projet ? Le matériau utilisé est également intéressant.

Kengo Kuma : Le projet a été pensé en vue d'être inséré dans une forêt coréenne. Le matériau utilisé est le papier nid d'abeilles, un matériau très économique. Les murs ont une épaisseur de 4 cm mais parviennent néanmoins à soutenir la construction. Le mur est en forme de spirales, une forme flexible. Au Japon nous n’aurions pas pu réaliser un projet similaire à cause de la législation très rigide en la matière mais en Corée il est possible d’utiliser le papier.

Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï
Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï


M.C. : Dernier projet. Pour quelle raison as-tu décidé d’utiliser un mur "vert" pour le projet Z58 de Shanghai ?
Kengo Kuma :
Shanghai est une grande ville, avec beaucoup d’habitants, beaucoup de circulation. C’est une ville très bruyante et ses rues ne sont pas toujours propres. Mon objectif était de créer un environnement paisible à l’intérieur du bâtiment. La végétation devait ainsi constituer un filtre entre les bruits de la rue et le calme du bâtiment sans toutefois trop fermer l’espace ; les personnes au sein de la construction doivent en effet pouvoir percevoir ce qui se passe à l’extérieur tout en se trouvant à l’intérieur de l’espace "vert".

Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï
Kengo Kuma_Z58 Building_Shanghaï


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