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L'Afrique Héroïque
Philippe Bordas, L'essence photographique
P.B., le 9 décembre 2013
Philippe Bordas/Frédéric Bruly Bouabré, 2003
Philippe Bordas/Frédéric Bruly Bouabré, 2003
 
Frédéric Bruly Bouabré

Un enfant pauvre de la forêt primaire de Daloa, au cœur de la Côte d'Ivoire, fuit le travail forcé imposé par les colons.  Il s'inscrit en fraude dans l'école des Blancs, en autodidacte brillant, et tombe sous le charme des écrivains et poètes d'Occident. Sur ce continent noir privé d'alphabet et soumis à l'oralité, Frédéric Bruly Bouabré est touché par une révélation divine. Mission lui est confiée d'inventer une écriture authentique d'Afrique et sauver sa culture de l'oubli.  Bruly Bouabré invente une écriture noire, en s'inspirant du dessin des pierres volcaniques sacrées de sa région natale.  Il invente des pictogrammes et développe un système syllabique cohérent salué dès sa création par le savant Théodore Monod.

Bruly Bouabré construit une œuvre encyclopédique prodigieuse, mêlant contes, légendes et dessins, qu'il consigne sur des cahiers d'écolier ou sur le dos de petits cartons dérisoires, au format d'un jeu de tarot, qui ne sont rien de plus que les supports d'emballage des fausses mèches (de marque Darling) récupérées dans les poubelles des coiffeuses d'Abidjan.  Bruly Bouabré est aujourd'hui le plus grand artiste africain vivant. Ses œuvres sont exposées dans le monde entier. L'œuvre de Bruly Bouabré est un art poétique, le manifeste des déshérités dont la seule politique est le génie verbal et la frappe des noms.


Philippe Bordas/Les boxeurs du Kenya & L’Afrique à poings nus
Philippe Bordas/Les boxeurs du Kenya & L’Afrique à poings nus
 
L'Afrique à poings nus

Il n'est pas question de sport.
Il n'y a pas de vainqueur.
Il n'y a pas de vaincu.
Il n'est question que du rituel des hommes désignés à combattre.
Dans ces no man's land anéantis par la mondialisation, torréfiés par le FMI, survivent les hommes sans terre. Par les protocoles violents de la boxe et de la lutte à poings nus, ces hommes deviennent les héros.
À l'extrême est du continent noir : Nairobi, le Kenya.
À l'extrême ouest : Dakar, le Sénégal.
D'un côté la boxe anglaise.
Cinquante boxeurs reclus dans une salle de catéchisme, au cœur du bidonville géant de Mathare Valley. Des corps en sueur dans une salle volontairement privée d'oxygène. Des écorchés fondus sous un néon défunt, électrisés par le fantôme de Mohammed Ali, des esprits brûlés par les hautes ascèses du monde blanc que sont la boxe et la mystique chrétienne.


Philippe Bordas/Lutteurs du Sénégal, 1995
Philippe Bordas/Lutteurs du Sénégal, 1995
 
De l'autre côté, la lutte sénégalaise.
Des corps pleins, reposés. Un affrontement à ciel ouvert dans les arènes de sable du Sénégal. Une joute rituelle au cœur des villes et des villages. Un duel socialisé, musical, vierge d'influence blanche. Des lutteurs enracinés dans leur terre et ne rêvant d'aucune Amérique. Des lutteurs sevrés des paroles magiques des marabouts et du chant des tambours, protégés du monde par le chœur des femmes et les poèmes guerriers nés aux racines du terroir.
D'un côté de l'Afrique, la boxe en cellule.
Le combat comme vertige, autodestruction. Le combat contre soi.
De l'autre côté, la lutte à ciel ouvert.
Le combat comme déploiement poétique et lien aux forces invisibles.



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