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Los Angeles (1865-2008)
Le Paradis, ou presque
Jennifer A. Watts, le 20 juin 2011
Le Paradis, ou presque_Los Angeles (1865-2008)/Garden_FRIEDLANDER_LA
Le Paradis, ou presque_Los Angeles (1865-2008)/Garden_FRIEDLANDER_LA
 
MOVE  

Aucune autre ville au monde n’est liée de manière aussi inextricable à la voiture que Los Angeles. La voiture comme plaisir mais aussi comme danger. Des réseaux complexes d’autoroutes et de boulevards sont enchevêtrés les uns dans les autres et s’étendent dans toute la Californie du Sud, une région qui ne cesse de croître. Les autoroutes, comme les plages et la douceur du climat, ont une signification primordiale pour L.A., puisqu’elles relient les zones périphériques qui sont séparées par de vastes territoires.  À la fin du 19ème siècle, les barons du rail construisirent les premières lignes ferroviaires, entre autres pour connecter leurs propriétés éloignées de la ville des affaires. Puis, avec le temps, une étendue tentaculaire de routes rapides a remplacé le chemin de fer, non pas suite à des calculs d’entrepreneurs, mais bien en raison d’un désir populaire de liberté et de mobilité. On le voit dans nombre de photographies: les habitants de L.A. aiment conduire.

Le culte de la voiture donne raison au proverbe: « Personne ne marche à Los Angeles ». Le méandre de trottoirs et de sentiers de la ville du 19ème siècle est souvent caché. Les photographies de rue montrent des piétons perdus dans un univers de panneaux routiers ou isolés au milieu d’une circulation toujours plus dense.  Dans les images, L.A. se définit d’abord par la voiture. De nombreux artistes ont exploité la vue que leur offrait leur véhicule, obtenant ainsi une fusion des symboles de la ville.

Le Paradis, ou presque_Los Angeles (1865-2008)/152 Humble_719 Lincoln Blvd
Le Paradis, ou presque_Los Angeles (1865-2008)/152 Humble_719 Lincoln Blvd
 
WORK

Los Angeles est une ville à multiples facettes : une ville historique, au passé mexicain ; une ville pluriethnique et multiraciale ; une ville emblématique, toujours tournée vers l’avenir, qui fait la fierté de son pays. Que ce soit dans l’agriculture, le bâtiment, l’aéronautique, le pétrole, la construction navale ou le cinéma, les industries de la Californie du Sud répondent aux opportunités économiques offertes par le climat, la topographie et une main d’oeuvre abondante.

En dépit de ses richesses naturelles, L.A. a vécu des épisodes d’une rare violence. Au fur et à mesure que la ville grandissait, rares furent les photographes commerciaux à montrer les troubles sociaux et les émeutes raciales. Ils leur préféraient la vision – exagérée – d’un pays bienheureux où la belle vie cohabite avec la production industrielle. Ils furent nombreux à montrer le glamour d’Hollywood en représentant les acteurs dans des environnements stylisés et naturels. D’autres révélèrent la face cachée de cette culture de la célébrité, en posant leur objectif sur les jeunes espoirs, anonymes, se présentant aux castings.

Les photographes s’aventurèrent aussi derrière les façades somptueuses d’Hollywood pour dévoiler des réalités trompeuses. Leurs images, inscrites dans l’esthétique moderniste, s’inspirent du travail des photographes commerciaux qui ont su intuitivement adopter le langage visuel net et précis de la nouvelle ère. Il faudra attendre la période de la Seconde Guerre mondiale pour que les photographes explorent les luttes quotidiennes et héroïques des ouvriers affluant dans les grands centres industriels sud-californiens

Le Paradis, ou presque_Los Angeles (1865-2008)/Move Light From Los Angeles
Le Paradis, ou presque_Los Angeles (1865-2008)/Move Light From Los Angeles
 
DWELL
 
Le grand Los Angeles – périphérie comprise – n’est pas vraiment une « ville sans centre », mais un ensemble de territoires suburbains reliés les uns aux autres et organisés selon une grille. En 1923, un journaliste prédisait que « la carte de L.A. ne sera jamais complète ». Les petites maisons individuelles dominent à l’intérieur d’un vaste labyrinthe de parcelles, de terrains et de pâtés de maisons. Les habitations sont de tous les types possibles, du simple bungalow à l’édifice de style Tudor Revival. Elles reflètent les origines diverses et éclectiques de milliers d’immigrants, ainsi que leurs désirs.

Au tournant du 20ème siècle, des architectes locaux conçurent des lotissements où les espaces intérieurs s’étendaient vers l’extérieur. Ce type d’habitations donna le ton dans tout le pays. La classe moyenne s’enticha immédiatement de ce mode de vie. Les photographes ne manquèrent pas de diriger leur objectif sur ce qui incarnait alors la ville moderne : les façades en plâtre bon marché de maisons qui s’étendent à l’infini, les alignements de magasins, et les rangées d’appartements dingbat – une typologie d’architecture vernaculaire.

Les images du 19ème siècle le rappellent : pendant longtemps, seuls les critères de race et de classe déterminaient le quartier dans lequel les nouveaux venus devaient s’installer. Des politiques de ségrégations résidentielles furent en vigueur jusque dans les années quarante. Les minorités raciales se trouvaient alors parquées dans des quartiers spécifiques. Les photographes de la Grande Dépression révélèrent les habitations précaires et les sans-abris ; si les pauvres vivaient dehors ou trouvaient refuge sous des abris de fortune, ce n’était pas par choix, mais parce que le climat tempéré le leur permettait. L’idée que L.A. puisse aussi être la ville des rêves brisés apparaît clairement dans l’image de la famille Damm vivant dans une voiture, autre symbole puissant de la ville.

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