RECHERCHE
VILLE DE DESIGN
EGO MAGAZINE
ARCHIVES
Lee Bul
On Every New Shadow
Linda Chenit + Grazia Quaroni, le 7 janvier 2008
Lee Bul_Video Still, Amateurs 1999_Rhee Jae Yong
Lee Bul_Video Still, Amateurs 1999_Rhee Jae Yong
 
Quand j’ai parlé d’indétermination temporelle tout à l’heure, c’était pour dire que je ne voulais pas imposer au spectateur une structure qui soit ordonnée ou univoque. Il y a plusieurs couches entre les différents éléments, et toute une série d’associations possibles entre eux. Le public s’y fraye un chemin à sa guise. On peut bien évidemment dire que tout cela, les allusions bien précises à l’histoire de la Corée par exemple, exige des connaissances particulières et exclut par là même une grande partie du public. En réalité, on peut trouver des similitudes inattendues entre les idées, les actions ou les politiques de personnages appartenant à des époques et à des lieux très éloignés. On retrouve toujours des « tendances universelles » - à défaut d’une meilleure expression - qui sont identifiables par tout le monde.


Lee Bul_OBG_Fondation Cartier
Lee Bul_OBG_Fondation Cartier
 
Je crois qu’une propriété de l’utopie consiste justement à nous donner toujours l’impression qu’elle est plus proche. Les êtres humains sont ainsi condamnés à en rêver toujours et à s’y projeter. Et nous sommes également condamnés à constater avec déception qu’elle est hors de portée, inévitablement. Cela ne nous empêche pas de rêver. Je suis fascinée par ces échecs d’aspiration à l’utopie et par ces rêves que leurs auteurs savaient d’emblée impossibles à réaliser.


Lee Bul_Aubade, 2007_Fondation Cartier_Patrick Gries
Lee Bul_Aubade, 2007_Fondation Cartier_Patrick Gries
 
De nombreux éléments se rattachent à ces problématiques dans chaque oeuvre prise isolément, mais aussi dans leurs rapports entre elles. Ils sont trop nombreux pour être explicités ici. Mais il ne serait peut-être pas inutile de revenir à Park Chung-hee, puisqu’il avait lancé un gigantesque programme de chantiers publics afin de moderniser son pays : des autoroutes, des usines et des immeubles d’habitation, quantités de grandes barres de béton étouffantes qui constituaient en quelque sorte des dérives sauvages de l’architecture brutaliste européenne. Ces architectures étaient totalement fascistes de par leur apparence et  leur destination, inversant complètement les idées libératrices de construction de la nation, qui se retrouvaient retournées comme un gant, tout comme bien d’autres utopies politiques du tiers-monde postcolonial de l’époque.

Ce qui me paraît intéressant aujourd’hui, c’est que les courants marginalisés de la modernité architecturale - et là, bien sûr, on pense tout de suite à Bruno Taut et son entourage et à leur goût pour la légèreté, la transparence et les formes organiques - semblent réapparaître dans l’architecture contemporaine la plus novatrice, contrebalançant avec force les discours rationalistes hégémoniques qui ont longtemps dominé. On discerne une lueur de Bruno Taut jusque dans le bâtiment de Jean Nouvel, avec ses parois de verre transparentes.

A la Fondation Cartier jusqu'au 27 janvier 2008

www.fondation.cartier.com


www.leebul.com

<   1  2  3  4  5  6    
IMPRIMERENVOYER À UN AMIHAUT DE PAGE
HÔTELS-BOUTIQUES
AGENDA
NEWSLETTER


giubbotti peuterey Peuterey Outlet giubbotti peuterey peuterey online